Le Matin Dimanche salue une flamme olympique carburant au bois suisse

"La flamme des Jeux de la jeunesse sera alimentée grâce à une source d’énergie locale et renouvelable" titrait le Matin Dimanche en date du 28 décembre 2019.

Une médaille d’or verte pour la flamme olympique.Image: Salvatore Di Nolfi/Keystone

 

Le 24 juillet prochain, la flamme olympique s’embrasera à Tokyo, la capitale japonaise, alimentée pour la première fois dans l’histoire des Jeux modernes par du biogaz au lieu de gaz fossile. Mais dans le marathon des énergies renouvelables, c’est le Pays de Vaud qui rafle la médaille d’or. Dès le 9 janvier, date d’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse, la vasque, dont les contours sont gardés secrets, sera alimentée par des pellets de bois vaudois.

C’est Lignum Vaud qui a eu cette idée lumineuse: «Mon rôle en tant que président de l’organe de promotion du bois local est d’être à l’affût de toutes les occasions de faire parler de cette ressource. Dès qu’on a appris l’attribution des Jeux à Lausanne, ça a commencé à cogiter», raconte Philippe Nicollier. Le Gros-de-Vaud abritant l’un des principaux producteurs de pellets de suisse (18 000 tonnes par an), le carburant était tout trouvé. À Rueyres, la centrale Enerbois, créée en partenariat avec Romande Energie, valorise les déchets de la deuxième plus grosse scierie de Suisse, l’entreprise Zahnd.

 

Brûleur d’un nouveau type

 

Restait à trouver la technique idéale pour le faire brûler. Après avoir approché des chauffagistes classiques, Philippe Nicollier a fait la rencontre d’André Van der Veken, de l’entreprise urbigène Fireforce Technology, «un pur inventeur, une sorte de Tryphon Tournesol, décrit le président de Lignum Vaud. Il a eu l’idée d’aller au bout du concept. Les chaudières utilisent de l’électricité pour faire tourner une vis sans fin et s’alimenter en pellets. Nous avons voulu un système totalement renouvelable.»

C’est donc un brûleur d’un nouveau type qui a dû être conçu. «Les pellets tombent par gravitation dans le foyer, décrit Philippe Nicollier. Ils sont embrasés et portés à 600 degrés. À cette température, le bois se gazéifie. Ce gaz monte et est enflammé dans la vasque olympique.» Ce système devait toutefois satisfaire aux exigences olympiques, notamment résister aux intempéries (la flamme fut par exemple éteinte par un orage à Montréal en 1976). «Le comité de Lausanne 2020 a également été attentif à la couleur de la flamme: il fallait qu’elle ait l’apparence d’un feu de bois», précise-t-il. Pour y parvenir, la forme du brûleur a été adaptée.

La démarche ravit Ian Logan, directeur général de Lausanne 2020: «C’est une première et un projet ambitieux que nous avons soutenu dès le début. Il montre bien le potentiel d’innovation dont notre région est capable.»

 

Forêts sous-exploitées

 

Il faudra environ 4 tonnes de pellets, ou 10 m3, pour alimenter la flamme olympique durant les 13 jours de compétition. Soit sept à huit fois la consommation d’un ménage moyen. Difficile de voir dans cette dépense énergétique un gain écologique. Et pourtant:

«Il faut moins de 30 secondes à la forêt suisse pour produire le volume de bois nécessaire à Lausanne, calcule le président de Lignum Vaud. Sur les 10 millions de m3 que nos forêts produisent chaque année, moins de la moitié est exploitée. Or cet entretien participe aux réductions de C02 et favorise la biodiversité. De plus, en brûlant du bois local pour ces Jeux, on évite de recourir à des carburants fossiles importés.»

 

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https://www.tdg.ch/lematindimanche/flamme-olympique-carburera-bois-suisse/story/29402146

 

 

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